Comment se finance une startup (vraiment)?

25
septembre 2017
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Vous avez un beau projet qui va tout révolutionner. Jusque-là, rien d’anormal ! Une technologie, un service, voire même une simple idée qui peut changer la vie des gens. Vous avez probablement une idée plus ou moins vague du marché qui vous correspond. Et vous vous dites : je me lance.

C’est beau, mais pas assez pour faire aboutir un projet.

Nous vivons dans un monde où l’argent est ce qui permet de faire avancer les choses, et si vous n’ en n’avez pas (suffisamment), votre projet n’aboutira jamais.

Vous avez vidé vos poches sur la table (et les personnes qui vous accompagnent dans le projet aussi), et il vous en manque toujours : c’est normal.  Enfin, pour la plupart des gens…

Comment faire pour boucler son financement et pouvoir envisager réellement de lancer son projet avec une chance de réussite ?

Quoiqu’il arrive, rappelez-vous que vous n’aurez jamais assez d’argent pour votre projet idéal : le compromis est une stratégie gagnante pour mener son idée à bien. Mais vous pouvez explorer plusieurs pistes :

  • Demander à des proches de miser sur votre projet
  • Chercher des investisseurs privés
  • Aller voir une banque
  • Chercher des investisseurs publics
  • Avoir une autre source d’argent personnelle pour se permettre d’investir plus dans le projet
  • Jouer à Euromillions

Si vous pensez qu’il suffit d’aller taper à la porte de tous et que l’argent finira par tomber tout seul, je pense que vous êtes bien optimiste, je vous offre un verre à moitié plein, et même avec des glaçons…


En réalité, obtenir un financement revient à convaincre quelqu’un. Mis à part le fond de votre projet, qui est fondamental, il s’agit bel et bien d’un exercice de communication, et dans ce cas, pour convaincre quelqu’un, il faut surtout connaître ses motivations et son objectif.

Reprenons ceci, point par point :

Demander à des proches de miser sur votre projet

Leur principale motivation dans cet investissement est votre proximité avec ces personnes. Vous êtes probablement perçu comme un bon ami, cool, blagueur… « Allez, je te lâche un petit billet pour que tu puisses concrétiser ton rêve ». On est clairement sur une motivation d’ordre affective. C’est d’ailleurs pour cela, que la plupart du temps, ces personnes ne vont pas casser votre projet et vous diront toujours « ça a l’air génial ! ».

Il s’agit de personnes faciles à convaincre, et plus de personnes sont convaincues par votre projet, plus il y a de chances d’en convaincre d’autres…peut-être même des investisseurs plus importants.

Les montants de financement perçus de cette manière seront la plupart du temps faible, sauf si vous avez un tonton qui ne sait pas quoi faire de son argent. Soyez prévenu : plus les montants en jeu seront élevés, plus ils pourront avoir un impact sur votre relation affective.

Bref, du positif, du négatif, mais la plupart du temps, ça ne permet pas de boucler tout le besoin de financement.

Chercher des investisseurs privés

Les investisseurs privés sont de différentes sortes, mais on retrouve notamment les fonds d’investissement, les business angels, les sociétés ou clubs d’investissement, et last but not least le crowdfunding. Mais en gros vous rentrez dans la cours des grands (gratte-ciels) :

Mis à part certains types de crowdfunding, les investisseurs privés sont prêts à mettre de l’argent dans une société en échange de parts de capital (le % varie en fonction de la taille de l’investissement requis et de la maturité du projet). A terme, leur objectif est de REVENDRE/REVALORISER leurs parts, et en attendant de tirer parfois des dividendes. Au cas où vous ne le saviez pas, le pourcentage de prise de capital n’est pas forcément lié au montant de l’investissement.

Il s’agit d’un investissement financier avec une visée de retour financier très précis (par exemple X10), comportant une marge de risque.

Les montants d’investissement peuvent être élevés, mais il y a surtout une très forte sélection des dossiers : et oui, pour avoir un bon retour financier pour les investisseurs, il faut miser sur les bons chevaux. Les discussions peuvent être longues et doivent être anticipées… compter plusieurs mois pour activer ce levier voire 1 an pour les projets complexes et/ou investissements importants.

Bref, cet investissement ne s’improvise pas et doit s’insérer dans une réelle stratégie de développement de la société. On peut atteindre de hauts niveaux de financement qui font briller les yeux, mais ce n’est pas pour tout le monde.

Aller voir une banque

C’est un bon réflexe lorsque l’on cherche à se faire financer de manière générale. C’est un mauvais réflexe dans le cadre d’une création de société, car les portes peuvent vite se fermer si on n’a pas le bon discours.


Comprenons la banque : le gain d’une banque, lorsqu’elle place de l’argent dans une société sous forme de prêt, passe par les intérêts et petits frais connexes. Le gain pour la banque est de quelques pourcents du montant prêté… peut être quelques dizaines de pourcents en poussant.

Donc : une banque ne se permet pas (vraiment) de prendre des risques, car il faut que quasiment tous les emprunts soient remboursés pour en tirer un bénéfice au bout du compte. On entre donc dans un système d’évaluation de risque, mais surtout dans un système d’évaluation de garantie : qui va payer si ce ne sont pas les résultats de votre projet ?

  • Vous, comme caution personnelle
  • Une assurance
  • L’état
  • Sans oublier : la revente de ce qui a été financé… pour peu que ce soit revendable.

Le dernier point a une influence directe sur ce que financent les banques à ce stade du projet, de manière générale :

  • Votre projet d’innovation ? Non
  • Votre trésorerie ? Non
  • Votre BFR ? Non
  • Vos charges de personnel ? Non
  • Une prestation de sous-traitance ? Non
  • L’achat d’un bien (machine, outil, matière première) ? Oui
  • L’achat d’une licence, d’un brevet ? Oui

Il existe bien entendu des exceptions, mais ça reste des exceptions.

Bref, pour un projet de rupture, qui va changer la vie des gens…. C’est souvent trop de risques pour une banque. Par contre à garder sous le coude si on a des investissements matériels importants.

Chercher des investisseurs publics

Les investisseurs publics…très large sujet…parce qu’il y en a beaucoup…

Quel est la motivation d’un investisseur public ? Développer le tissu économique de demain en permettant de créer de nouvelles technologies, de nouvelles sociétés, de l’emploi dans un territoire donné (Ville, Région, Pays, Continent…). Il suffit donc (en théorie) de parler de ces sujets pour convaincre un investisseur public.

Par contre, hormis quelques exceptions, l’investisseur public ne va pas parier plus que vous sur la réussite de votre projet : il aura une contribution qui sera plafonnée à hauteur de vos fonds propres (en quelques sortes, la surface financière de votre société).

On trouve 3 timings d’intervention principaux (avant, pendant et après le projet), et différents types de financement (subvention, avance remboursable sous condition, prêts, crédits d’impôts, exonérations de charges…) et surtout une multitude d’acteurs qui en proposent à travers de nombreux produits.

Identifier ce qui convient le mieux pour un projet à chaque stade de développement, dans une certaine zone géographique, dans un certain secteur métier, avec un certain marché, avec un certain budget… n’est pas chose simple car il y a beaucoup de croisements à effectuer.

Bref, plein de choses peuvent être faites avec des financements publics, mais la complexité réside dans l’identification des aides les plus pertinentes, puis le montage et la défense des dossiers pour y candidater. Par contre c’est un bon moyen de compléter son financement car l’objectif des investisseurs publics est de prendre des risques sur de nouveaux projets.

Travailler à côté pour se permettre d’investir plus d’argent

Cette approche vise à augmenter directement ou indirectement les fonds propres de la société pour investir dans le projet mené. De manière complémentaire, on peut aussi envisager de diminuer les charges de la société, en assurant une entrée d’argent alternative pour les personnes qui mènent le projet.


Le principal inconvénient de cette approche est qu’elle rallonge la durée d’exécution du projet, car il faut justifier ces autres sources de financement : on ne vous paye pas pour mener un autre projet (la plupart du temps).

Ceci est également le cas dans les sociétés qui existent depuis quelques temps et qui engagent un projet de rupture, d’innovation. La société a un moteur économique qui fonctionne, dans son activité traditionnelle, ce qui permet d’assurer les arrières. Par contre l’investissement possible pour développer la nouvelle activité peut être fortement réduite, il faut donc étaler l’investissement sur plus de temps pour parvenir à boucler la technologie, quitte à louper le bon time to market.

Bref, il s’agit d’un moyen incontournable pour mener un projet innovant, mais il faut réussir à doser la pénalité « temps supplémentaire » qu’elle induit pour maintenir une bonne efficacité pour le projet.

Jouer à Euromillions

Statistiquement, vous allez toujours miser plus que ce que vous allez gagner… mais si vous vous sentez chanceux, pourquoi pas ! Les chances de gagner le gros lot sont de 1 sur 140 000 000 à peu près… Si vous gagnez, souvenez-vous de cet article de Grow Up !

Si vous avez 140 000 000 de personnes qui sont prêtes à vous acheter un ticket d’Euromillions, demander leur plutôt de vous prêter l’argent directement, ce sera plus rapide.


Bref, si vous voulez des financements pour votre projet, lisez d’autres articles et concrétisez votre idée !

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