Risk, un jeu d’investisseurs

04
juillet 2018
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Métier : investisseur

Si l’altruisme des investisseurs est bien connu (?!?), il faut également connaitre son origine.

Mis à part de rares personnes ou institutions qui pour le coup ont une pure attitude philantropique, un investisseur, ou plus généralement un financeur, veut avoir un retour sur l’investissement (ROI) : gagner quelque chose.

Ce que les gens veulent gagner est différent, même si souvent on parle d’argent sous diverses formes, on peut avoir aussi des retours sous forme de renommée, d’emploi ou de développement de l’économie sur une certaine zone géographique… ces deux derniers points intéressent surtout l’état et quelques associations d’entrepreneurs, mais rarement le reste des financeurs.

Pour obtenir un financement c’est très simple : il suffit de convaincre l’investisseur qu’il percevra ce retour.

Voilà. J’ai fait mon travail.

Standing Ovation

Bravo! Bravo!

Bon d’accord, reformulons la phrase pour être un peu plus proche de la réalité : il suffit de trouver le moyen de quasi-garantir à l’investisseur qu’il aura son retour.

Ce moyen c’est l’évaluation du risque.

Tout investisseur voudra minimiser le risque. Il faut les comprendre, vous en feriez autant avec votre argent. Si deux options se présentent avec un même gain potentiel, vous choisirez (probablement!) toujours l’option qui est la moins risquée.

Oui, moi aussi je jouerai plutôt au jeu de gauche…

Pour les investisseurs c’est pareil.

Risk it to the max?

Alors qu’est-ce qui caractérise un investissement portant le moins de risque possible? C’est quasiment quand on n’a plus besoin d’investissement. Il faut donc voir la vie de l’entreprise à l’envers.

Une entreprise qui fonctionne (i.e. qui génère du CA, paye ses charges) et qui génère de l’argent/est en croissance stable depuis longtemps est typiquement une cible privilégiée pour les investissements à faible risque. Et oui, en gros c’est quasiment sûr que rien de mal ne peut se passer (pensez: investissement dans Coca Cola) … On est sur une dimension objective.

A l’autre extrémité, le projet d’entreprise qui vient d’apparaître dans le coin d’un cerveau d’entrepreneur présente un risque maximal, car tout simplement on ne peut pas savoir si l’idée est réalisable et surtout…rentable. On est sur une dimension subjective.

Les principales barrières à l’investissement sont liées aux étapes de maturité suivantes:

  1. L’idée est juste une idée
  2. L’idée semble réalisable
  3. L’idée semble rentable
  4. Le produit/service est faisable
  5. Le produit/service peut être frabriqué et industrialisé
  6. Le produit/service a été acheté (au moins) une fois
  7. Le produit/service est acheté et génère un certain niveau de revenu (atteinte d’un premier marché)
  8. Le produit/service est acheté en masse (atteinte d’un vrai marché)

Règle générale: plus on passe d’étapes, plus le risque d’échec diminue (sauf si vous prenez la poudre d’escampette avec la caisse à un moment donné!)

Tout investisseur qui vous dira au début “J’investi en 7”,  dans la pratique il le fera peut être sur un “6” ou un “5”. Mais au moins comme ça il est sûr que les projets qui sont au stade “7” vont être très rentables pour lui car ils impliqueront un niveau de risque bien plus faible.

Il s’agit d’un comportement assez commun des investisseurs qui ne voudront intervenir que dans les phases d’après. (comprendre à risque plus faible). Cela permet d’écarter/filtrer pas mal de demandes d’investissement. Par contre, ces mêmes investisseurs ne voudront pas louper une pépite et feront probablement des investissements qui sont plus amont que le niveau d’investissement officiel/habituel, ou selon les règles évoquées lors de votre première rencontre avec eux.

Mine de pépites du Rajasthan [Fake]

Si on rajoute à ça la loi de l’offre et la demande (Non!!! pourquoi de la théorie!!!) , plus il y a de personnes qui sollicitent des financements plus les investisseurs auront tendance à n’en choisir que dans les catégories de maturité élevés (si on a le choix => pourquoi prendre du risque?). D’ailleurs c’est pour cela qu’un certain nombre de financements initialement dévoués aux startups innovantes pour la prise de risque, se retrouvent petit à petit centrés sur des “startups” “innovantes” qui ont en réalité déjà passées beaucoup d’étapes risquées.

A l’inverse, parfois on peut entendre des discours qui vont dans l’autre sens : “J’investis très tôt dans les startups pour qu’elles puissent grandir vite et fort”… mais en creusant un peu, il se peut que la notion du “tôt” soit aussi bien relative et qu’en réalité l’investisseur n’intervient que dans des phases “7” ou “8”… Il s’agit souvent de discours commerciaux pour appâter le chaland, mais il faut bien se renseigner pour voir ce qu’il y a derrière.

Bref,

Il est important de ne pas s’arrêter au premier discours d’un financeur : les entorses aux “règlements” (matrice d’investissement initiale) sont possibles voire courantes….

Il faut surtout savoir convaincre que le risque que vous demandez à quelqu’un d’externe de venir financer n’est en fait pas si élevé que cela …ou qu’il est en grande partie maîtrisé!

 

 

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