Le mythe de la levée de fonds

16
juillet 2018
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  • Croissance
  • investissement
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Un exercice très particulier

Lever des fonds est devenu un terme à la mode…on lit ou entend souvent parler de tour de table en plusieurs dizaines de millions d’euros. Ces investissements correspondent à une configuration très spécifique : une société à un stade précis de développement, une traction (du marché) existante, une volonté et une capacité réelle d’une équipe fondatrice d’accueillir de tierces personnes pour discuter des décisions stratégiques, un ticket d’investissement adapté à un investissement…Ces configurations ne sont pas courantes et fort est de constater que baser son plan de financement sur de multiples levées de fonds est relativement dangereux au regard voir voué à l’échec.

Lever des fonds est un exercice compliqué pour lequel il y a peu d’élus. Un fonds d’investissement peut recevoir plusieurs centaines (voire milliers) de Business Plan par an mais n’investira au final que sur quelques sociétés (le ratio est généralement inférieur à 1%).

Pour avoir un avant goût, vous pouvez regarder dès maintenant cette petite vidéo qui illustre bien le mythe de la levée de fonds :

 

Fonds propres…ou fonds publics?

L’expression “lever des fonds” correspond à l’arrivée d’un investisseur (financier généralement) dans votre société. L’augmentation de fonds propres qui en résulte implique dans la plupart des cas une modification de l’actionnariat (i.e. dilution). Les investisseurs interviennent généralement lors d’une augmentation de capital (i.e. augmentation de capital + primes d’émissions).

Donc si vous avez obtenu une subvention auprès de BPIFrance, complété par exemple par un prêt bancaire…et bien, vous n’avez pas “levé des fonds”, mais plutôt “levé des fonds publics”. Dans les faits (en France), lever des fonds implique un ticket généralement supérieur à 1M€ (ex : véhicules FCPI, FCPR…) auprès d’un fond de capital risque (…roulement de tambours : VC pour Venture Capital).

Différents catégories d’investisseurs

A ce stade, il est intéressant d’indiquer qu’il existe plusieurs catégories “d’investisseurs” qui interviennent en fonction des phases de maturité d’une société :

  • En phase de création/R&D : on retrouve plusieurs types d’acteurs :
    • Les acteurs publics, au travers de BPIfrance/agences régionales pour l’innovation… on parle ici de financeurs qui ont pour objectif  d’aider les sociétés. Les interventions concernent principalement le co-financement de travaux de Recherche et Développement et d’Innovation. Les financements sont, en règle générale, limités à un pourcentage de dépenses qui seront engagées et plafonnées à la hauteur des fonds propres d’une société.
    • Les acteur privés, au travers de la Love Money (ex : amis, famille…qui croient en vous et veulent vous aider à avancer).
  • En phase de création/commercialisation : on retrouvera plusieurs types d’acteurs
    • Les Business Angels : ils interviennent généralement à plusieurs pour des tickets de plusieurs dizaines de milliers d’euros et apportent également leurs carnets d’adresses souvent bien rempli.
    • Les fonds d’amorçage (rayonnement régional, fonds semi-publics gérés par des professionnels), ils peuvent intervenir de 100 k€ à 500 k€ par projet.
  • En phase de commercialisation/passage à l’échelle :
    • Les fonds de capital risque : ticket supérieur à 1 M€ généralement sur des projets ambitieux, qui sont déjà reconnus par leur marché et qui présentent un fort potentiel de croissance (…le mot magique étant ici la “scalabilité”), donc un potentiel de retour sur investissement important.

Ce petit panorama succinct (et bien sûr non exhaustif) permet d’exemplifier le fait qu’un investissement dépend d’une configuration spécifique. Ces investissements doivent s’inscrire dans une stratégie réfléchie et parfaitement justifiée.

Lever des fonds, un vrai parcours du combattant…

Comme vous l’avez compris, lever des fonds n’est pas une fin en soi, c’est uniquement une façon de permettre d’accélérer un développement. Cela implique de l’avoir anticipé et être conscient des conséquences. Cela implique également d’y être bien préparé car le parcours de levée de fonds est en soi un vrai parcours du combattant :

  • Durée moyenne de la levée supérieure à 9 mois (donc pas de”dans 3 mois, je lève 2 millions d’€)
  • Avoir préparé son pack investisseur : business plan technique, business plan financier, slide deck, feed back du marché…
  • Pouvoir mettre en avant des indicateurs solides (ex : un MRR de 10 k€ pourra intéressé un fond d’amorçage mais pas forcément un fonds de capital  risque)
  • Disposer d’une trésorerie confortable (souvent 9 mois de trésorerie minimum)
  • Avoir identifié les fonds en adéquation avec son projet donc réseau réseau réseau!
  • Etre prêt à enchaîner de nombreux RDV (du chargé d’investissement jusqu’au comité d’investissement) pour in fine ne pas forcément être financé…

Donc avant de vous lancer, soyez sûr que votre projet est calibré pour intéresser des investisseurs externes et que vous êtes en position de force pour vous lancer dans l’exercice (structuration, indicateurs de performances). Idéalement, votre réseau (ou par exemple un professionnel de la levée) vous permettra de vous faire recommander à un chargé d’affaires d’un fonds pour gagner du temps et accélérer les différentes étapes préliminaires de qualification.

Quoiqu’il arrive, au vu du taux de succès de la démarche, il est obligatoire d’avoir un plan B avant de prendre son bâton de pèlerin !!!

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